L'état de rapprochement bancaire
Vous vous demandez comment faire un état de rapprochement bancaire sans vous emmêler entre le solde du relevé et celui du compte 512 ? Ce contrôle incontournable de la trésorerie suit une méthode rigoureuse en quelques étapes. Définition, démarche de pointage, calcul des soldes rapprochés et écritures : tout est détaillé ici avec un exemple complet.
À quoi sert l'état de rapprochement bancaire ?
L'état de rapprochement bancaire permet de rapprocher, à une même date, le solde du relevé bancaire avec le solde du compte 512 - Banque tenu en comptabilité. Il consiste à réconcilier la comptabilité de la banque avec celle de l'entreprise afin de mettre en évidence :
- les opérations qui font l'objet d'un décalage temporaire entre les deux comptabilités, comme les chèques émis non encore débités ;
- les opérations prises en compte par la banque mais pas encore comptabilisées par l'entreprise : frais bancaires, prélèvements, virements reçus ;
- les erreurs d'enregistrement (montant ou sens de l'opération).
C'est un contrôle essentiel pour assurer la fiabilité des enregistrements des flux de trésorerie, même si l'état de rapprochement n'est pas un document obligatoire.
Trois documents sont nécessaires : l'extrait du grand livre du compte 512 - Banque (document interne), le relevé de compte envoyé par la banque (document externe) et l'état de rapprochement du mois précédent (document interne).
Une convention de sens à bien comprendre
Le relevé bancaire raisonne du point de vue de la banque : une sortie de fonds figure au débit, une entrée au crédit. Le solde du relevé est donc créditeur quand il est positif pour l'entreprise, et débiteur quand il est négatif. C'est l'inverse du compte 512 en comptabilité, dont le solde doit être débiteur quand l'entreprise dispose de fonds. Cette symétrie est la clé de tout l'exercice.
La méthode pas à pas
- Comparer les soldes initiaux du compte 512 et du relevé, en reprenant l'état de rapprochement de la période précédente : les opérations alors en attente doivent être pointées si elles sont passées, ou reportées si elles sont encore en suspens.
- Pointer (lettrer) les opérations réciproques : toutes les opérations identiques enregistrées à la fois sur le relevé et dans la comptabilité sont validées. Attention, un pointage peut regrouper plusieurs montants.
- Reporter les opérations non pointées du bon côté de l'état : les opérations présentes sur le relevé mais absentes de la comptabilité s'inscrivent dans la colonne du compte 512 ; les opérations enregistrées en comptabilité mais absentes du relevé s'inscrivent du côté du compte tenu par la banque.
- Calculer les soldes rapprochés : le solde rapproché de la comptabilité et celui de la banque doivent être strictement identiques. Toute différence doit être justifiée.
- Enregistrer les écritures nécessaires : tous les éléments figurant sur le relevé bancaire qui n'ont pas été comptabilisés doivent être enregistrés par le comptable. À l'inverse, aucune écriture n'est passée pour les éléments reportés du côté banque (ils se dénoueront seuls).
Un exemple chiffré complet
Au 30 juin, la SA GOLGO présente un compte 512 dont le solde est débiteur de 5 450 €, tandis que le relevé bancaire affiche un solde créditeur de 5 515 €. Après pointage, restent non pointés :
- sur le relevé uniquement : des intérêts créditeurs de 20 € et 25 €, un prélèvement internet de 30 € et un virement de loyer de 700 € ;
- en comptabilité uniquement : le chèque n°10 de 350 € et le chèque n°15 de 400 €, émis mais non encore débités par la banque.
L'état de rapprochement se présente ainsi :
| Côté compte 512 (entreprise) |
Débit |
Crédit |
Côté relevé (banque) |
Débit |
Crédit |
| Solde avant rapprochement |
5 450 |
|
Solde avant rapprochement |
|
5 515 |
| Intérêts créditeurs |
20 |
|
Chèque n°10 |
350 |
|
| Intérêts créditeurs |
25 |
|
Chèque n°15 |
400 |
|
| Prélèvement internet |
|
30 |
|
|
|
| Virement loyer |
|
700 |
|
|
|
| Solde après rapprochement |
4 765 |
|
Solde après rapprochement |
|
4 765 |
Les deux soldes rapprochés sont identiques (5 450 + 45 - 730 = 5 515 - 750 = 4 765 €) : le rapprochement est juste. Il reste à enregistrer les opérations de la colonne 512, et uniquement celles-là. D'abord les intérêts créditeurs :
| Compte |
Libellés |
Débit |
Crédit |
| 512 |
Banque (20 + 25) |
45 |
|
| 768 |
Autres produits financiers |
|
45 |
|
Intérêts créditeurs, état de rapprochement, 30/06/N |
|
|
Puis le prélèvement internet et le virement de loyer. Si les factures correspondantes ont déjà été enregistrées, on solde simplement la dette fournisseur :
| Compte |
Libellés |
Débit |
Crédit |
| 401 |
Fournisseurs (700 + 30) |
730 |
|
| 512 |
Banque |
|
730 |
|
Prélèvement internet et virement loyer, 30/06/N |
|
|
Si les factures n'avaient pas été enregistrées, on débiterait directement les comptes de charges concernés (613 - Locations pour 700 € et 626 - Frais postaux et télécommunications pour 30 €) en contrepartie du crédit du compte 512.
Les erreurs fréquentes
- Passer des écritures pour les éléments du côté banque : un chèque émis non débité ne donne lieu à aucune écriture, il est simplement reporté sur l'état de rapprochement suivant.
- Inverser la convention de sens du relevé : un solde créditeur sur le relevé est une bonne nouvelle (avoirs positifs), pas un découvert.
- Oublier l'état de rapprochement du mois précédent : les opérations en suspens du mois dernier doivent être pointées ou reportées, sinon les soldes ne tomberont jamais juste.
- Pointer des montants globaux sans vérifier le détail : une remise de chèques peut regrouper plusieurs montants ; pointez ligne à ligne.
FAQ
L'état de rapprochement bancaire est-il obligatoire ?
Non, ce n'est pas un document obligatoire. Il reste néanmoins indispensable en pratique pour contrôler la fiabilité des enregistrements de trésorerie et détecter omissions, erreurs et décalages temporaires.
Pourquoi les soldes diffèrent-ils presque toujours ?
Parce que les deux comptabilités n'enregistrent pas les opérations au même moment : un chèque émis est comptabilisé immédiatement par l'entreprise mais débité par la banque seulement à son encaissement par le bénéficiaire ; à l'inverse, les frais bancaires sont connus de la banque avant l'entreprise.
Quelles écritures faut-il passer après le rapprochement ?
Uniquement celles correspondant aux opérations figurant sur le relevé bancaire et absentes de la comptabilité : frais et intérêts bancaires, prélèvements, virements reçus. Les éléments en attente côté banque ne génèrent aucune écriture.
Entraînez-vous
Au 31 mars, le compte 512 de la société LIRA présente un solde débiteur de 2 300 €. Le relevé bancaire indique un solde créditeur de 3 770 €. Après pointage, vous relevez : des frais de tenue de compte de 25 € (non soumis à TVA) et un virement reçu du client MARLO de 600 €, présents uniquement sur le relevé ; le chèque n°87 de 895 € émis le 28 mars, non encore débité. Présentez l'état de rapprochement et les écritures nécessaires.
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État de rapprochement au 31/03
Côté compte 512 : solde avant rapprochement 2 300 (débit) ; virement client MARLO + 600 (débit) ; frais de tenue de compte - 25 (crédit). Solde rapproché = 2 300 + 600 - 25 = 2 875 €.
Côté relevé : solde avant rapprochement 3 770 (crédit) ; chèque n°87 - 895 (débit). Solde rapproché = 3 770 - 895 = 2 875 €.
Les deux soldes concordent : le rapprochement est validé.
Écritures au 31/03 (uniquement pour les éléments non comptabilisés par l'entreprise) :
| Compte |
Libellés |
Débit |
Crédit |
| 512 |
Banque |
600 |
|
| 411 |
Clients (MARLO) |
|
600 |
|
Virement reçu, état de rapprochement, 31/03/N |
|
|
| Compte |
Libellés |
Débit |
Crédit |
| 627 |
Services bancaires et assimilés |
25 |
|
| 512 |
Banque |
|
25 |
|
Frais de tenue de compte, 31/03/N |
|
|
Le chèque n°87 ne donne lieu à aucune écriture : il sera pointé sur le relevé d'avril ou reporté sur le prochain état de rapprochement.